Vue d'ensemble d'un immeuble moderne aux vitres scintillantes dans un contexte urbain québécois, symbolisant la gestion stratégique et organisée de l'entretien immobilier
Publié le 11 avril 2024

Adopter une gestion stratégique de l’entretien permet de réduire les coûts imprévus et d’augmenter la valeur de vos actifs en transformant une dépense réactive en un investissement piloté par la donnée.

  • L’optimisation ne réside pas dans le choix du devis le moins cher, mais dans une approche basée sur le coût total de possession (TCO) et la conformité réglementaire québécoise (CPA, CNESST).
  • La technologie, notamment les logiciels de GMAO, est indispensable pour automatiser les tâches, suivre les interventions et piloter la performance grâce à des indicateurs clés (KPIs).

Recommandation : Initiez un audit de vos processus actuels afin d’identifier les points de friction, les risques de non-conformité et les coûts cachés pour bâtir une feuille de route vers un entretien prédictif et maîtrisé.

L’appel arrive toujours au pire moment. Une panne de chauffage en plein janvier québécois, une infiltration d’eau après un orage, un système de ventilation défaillant dans un espace commercial bondé. Pour de nombreux gestionnaires d’installations et directeurs financiers au Québec, la gestion de l’entretien se résume à ce « mode pompier » : une course constante pour éteindre des incendies, gérer des urgences et subir des coûts imprévus qui font exploser les budgets. Face à ces problèmes, la réaction habituelle est de chercher un nouveau prestataire, de renégocier un contrat ou de demander plus de devis, espérant trouver la solution miracle.

Pourtant, ces solutions ne sont souvent que des pansements sur une hémorragie opérationnelle. Elles s’attaquent aux symptômes, mais jamais à la cause profonde du problème. Cette approche réactive, centrée sur le coût immédiat de l’intervention, est un cycle sans fin de dépenses et de frustrations. Elle ignore la dépréciation accélérée des actifs, l’impact sur la satisfaction des usagers et les risques croissants de non-conformité réglementaire. La véritable solution ne se trouve pas dans un devis moins cher, mais dans un changement radical de paradigme.

Et si la clé n’était pas de mieux réagir, mais de ne plus avoir à réagir du tout ? Si l’entretien cessait d’être un centre de coûts imprévisibles pour devenir une fonction stratégique de gestion d’actifs, entièrement pilotée et optimisée ? C’est le principe du « Facility Management » moderne : une discipline qui s’appuie sur la planification, la technologie et la donnée pour garantir la performance, la sécurité et la pérennité des installations. Cet article n’est pas un guide de plus pour choisir un service de nettoyage. C’est une feuille de route pour vous, gestionnaires, qui vous montrera comment passer d’une gestion subie à un pilotage stratégique, en transformant chaque dollar investi en entretien en un levier de performance pour votre organisation.

Pour structurer cette transition vers une gestion proactive, nous aborderons les piliers essentiels de cette nouvelle approche. Cet article vous guidera à travers les décisions stratégiques, les outils et les indicateurs qui vous permettront de reprendre le contrôle de vos opérations d’entretien et de leur budget.

Le nettoyage commercial à Québec : un levier de performance et de bien-être pour votre entreprise

Avant même de parler de coûts ou de contrats, il est fondamental de redéfinir la place de l’entretien dans la stratégie d’entreprise. Trop souvent perçu comme une simple ligne de dépense obligatoire, un service de nettoyage commercial de qualité est en réalité un investissement direct dans la performance globale. L’impact le plus visible est celui sur l’image de marque. Des locaux impeccables ne sont pas un luxe, mais une déclaration de professionnalisme. Ils inspirent confiance aux clients, aux partenaires et aux investisseurs potentiels, créant un environnement propice aux affaires.

Au-delà de la perception externe, l’impact interne est encore plus significatif, surtout dans le contexte québécois actuel de pénurie de talents. Un environnement de travail propre, sain et bien entretenu est un facteur clé de bien-être pour les employés. Il réduit le taux d’absentéisme lié aux maladies, améliore le moral et, par conséquent, la productivité des équipes. Pour les entreprises de secteurs concurrentiels comme la technologie à Québec, où la guerre des talents fait rage, la qualité des installations devient un argument tangible pour attirer et surtout retenir les meilleurs profils.

Étude de cas : Impact sur la rétention dans le secteur technologique à Québec

Un entretien commercial stratégique à Québec génère moins d’absentéisme et améliore le moral des équipes. Un environnement de travail propre et sain a un impact direct sur la productivité. À Québec, dans le contexte concurrentiel du secteur technologique, cet investissement en entretien est devenu crucial pour attirer et conserver les talents. Passer d’une approche réactive à un entretien préventif et de haute qualité a permis à plusieurs entreprises de la région de positionner leurs bureaux comme un avantage concurrentiel, contribuant à stabiliser leur taux de rétention.

Finalement, l’entretien n’est pas qu’une question de propreté. C’est un outil de gestion qui influence directement la perception de votre marque, la productivité de vos équipes et votre capacité à rester compétitif. Le voir comme un simple coût, c’est ignorer son potentiel de création de valeur. Le reconnaître comme un levier stratégique est le premier pas vers une gestion optimisée.

Cette reconnaissance de la valeur de l’entretien est le socle sur lequel repose toute décision stratégique, comme nous allons le voir dans les aspects fondamentaux de ce levier de performance.

Internaliser ou externaliser l’entretien de vos bureaux : le comparatif stratégique pour faire le bon choix

Une fois la valeur stratégique de l’entretien reconnue, la première grande décision structurelle se présente : faut-il gérer les opérations en interne avec des employés salariés ou les confier à une entreprise spécialisée ? Cette question va bien au-delà d’une simple comparaison de coûts horaires. Il s’agit d’un choix stratégique qui impacte les ressources humaines, la flexibilité opérationnelle et la gestion des risques.

L’internalisation peut sembler attrayante pour un contrôle total perçu, mais elle implique des coûts cachés significatifs : gestion du recrutement, de la formation, des remplacements pour congés ou maladies, achat et maintenance des équipements, gestion des stocks de produits et, surtout, la lourde charge administrative liée à la conformité avec les normes du travail et le Comité paritaire de l’entretien d’édifices publics (CPA). Pour une PME, ces tâches sont extrêmement chronophages et détournent des ressources précieuses du cœur de métier.

L’externalisation, quant à elle, transforme des coûts fixes et des maux de tête administratifs en une dépense variable et prévisible. Le bon partenaire prend en charge l’ensemble du processus, de la gestion du personnel à la conformité légale. Le tableau suivant met en lumière les différences fondamentales entre les deux modèles.

Ce comparatif met en évidence les avantages structurels de l’externalisation, comme le souligne une analyse sur les bénéfices de cette approche.

Internaliser vs Externaliser l’entretien : comparatif coûts et avantages
Critère Internaliser (Employé salarié) Externaliser (Entreprise spécialisée)
Coûts fixes mensuels Salaires + charges sociales + avantages élevés Tarif forfaitaire ou à l’heure, plus flexible
Gestion RH Recrutement, formation, gestion congés (chronophage) Responsabilité du prestataire externe
Expertise spécialisée Peut nécessiter formation continue Équipe multidisciplinaire certifiée
Flexibilité saisonnière (hiver québécois) Effectif fixe, coûts de surcharge en hiver Ajustable selon besoin; coûts proportionnels
Conformité CPA/Normes du travail Responsabilité de l’entreprise; complexe à gérer Prestataire responsable et assuré

Comme le résume Bestelle Solutions, expert québécois en la matière :

En choisissant d’externaliser l’entretien avec des prestataires qualifiés, vous libérez du temps précieux pour vous concentrer sur votre cœur de métier, tout en bénéficiant d’économies d’échelle et de partenariats avec des fournisseurs.

– Bestelle Solutions, Pourquoi externaliser l’entretien des immeubles

La décision d’externaliser n’est donc pas une simple délégation de tâches, mais un transfert de risque et une optimisation des ressources. Elle permet de se concentrer sur ses activités principales tout en s’assurant une expertise et une flexibilité que l’internalisation peut difficilement égaler sans une structure dédiée et coûteuse.

Fournisseur unique ou multi-spécialistes : quelle est la meilleure stratégie pour la gestion de votre entretien ?

Une fois l’externalisation choisie, une autre question stratégique se pose : vaut-il mieux consolider tous les services d’entretien (nettoyage, maintenance technique, espaces verts, déneigement) auprès d’un fournisseur unique ou faire appel à plusieurs entreprises spécialisées ? L’approche du « guichet unique » séduit par sa simplicité administrative apparente : un seul contrat, une seule facture, un seul interlocuteur. Cependant, cette simplicité peut cacher des failles importantes en matière de résilience et de coût.

L’argument principal contre le fournisseur unique est le risque de dépendance. Comme le soulignent des experts en gestion immobilière québécoise, « un fournisseur unique représente un point de défaillance unique ». Dans un marché du travail tendu comme celui du Québec, si ce partenaire unique fait face à une pénurie de main-d’œuvre ou à des problèmes internes, l’ensemble de vos opérations d’entretien est paralysé. La diversification avec plusieurs spécialistes régionaux ou par corps de métier offre une bien meilleure résilience. Si un prestataire fait défaut, les autres continuent d’opérer, minimisant l’impact sur vos installations.

Sur le plan financier, l’idée qu’un fournisseur unique offre de meilleures économies d’échelle est souvent un mythe. Un grand généraliste peut sous-traiter les tâches spécialisées à des tiers en prenant une marge au passage, ce qui gonfle la facture finale. Une stratégie multi-spécialistes permet de négocier directement avec les experts de chaque domaine, garantissant une meilleure adéquation entre le prix et la qualité du service. Une étude de cas sur les copropriétés québécoises a montré qu’une entreprise de nettoyage externalisée permettait de n’avoir aucun coût retenu chez le propriétaire, démontrant l’avantage économique d’une stratégie ciblée par rapport à une gestion salariée plus généraliste.

La meilleure stratégie consiste souvent en un modèle hybride : un partenaire principal pour les services récurrents et à haut volume, comme le nettoyage quotidien, complété par un réseau de spécialistes qualifiés pour des besoins ponctuels ou techniques (plomberie, électricité, entretien CVAC). Cette approche combine la simplicité de gestion au quotidien avec la flexibilité et la sécurité d’un réseau diversifié.

Comprendre le prix d’un service d’entretien : ce que votre devis signifie vraiment

Recevoir un devis d’entretien ne devrait pas se limiter à regarder le chiffre en bas de la page. Chaque ligne est une fenêtre sur le professionnalisme, la légalité et la stratégie de votre partenaire potentiel. Comprendre ce que ces lignes signifient est crucial pour passer d’une décision basée sur le prix à une décision basée sur la valeur et la gestion du risque. Un devis professionnel et transparent doit détailler plusieurs composantes clés au-delà du simple coût de la main-d’œuvre.

Parmi les éléments cruciaux à vérifier, la « Contribution au Comité paritaire » est un indicateur de légalité non négociable au Québec. Il ne s’agit pas d’une taxe, mais d’une contribution obligatoire qui finance la surveillance et la formation dans l’industrie. Son absence sur un devis est un signal d’alarme majeur, indiquant que l’entreprise opère potentiellement en marge de la légalité. De même, la présence d’une assurance responsabilité civile (souvent de plusieurs millions de dollars) et d’une couverture CNESST valide est votre protection contre les accidents sur site. Un prestataire non assuré transfère tout le risque légal et financier sur vous, le client.

Enfin, le devis peut aussi refléter une stratégie de valeur ajoutée. La mention de produits certifiés ÉcoLogo ou de pratiques alignées sur des certifications comme BOMA BEST n’est pas un simple argument marketing. C’est le signe d’un partenaire qui peut vous aider à atteindre vos propres objectifs de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) et d’optimisation opérationnelle. En effet, selon les données BDC Canada sur les certifications écologiques, ces bâtiments certifiés bénéficient d’une réduction notable de leurs coûts d’exploitation.

Un devis n’est donc pas un prix, c’est un contrat de confiance et un reflet de la maturité de votre fournisseur. Savoir le lire, c’est savoir protéger votre entreprise et investir intelligemment dans la pérennité de vos actifs.

Le piège du devis le moins cher : pourquoi une gestion de l’entretien « low-cost » vous coûtera plus cher à la fin

Dans la quête de réduction des coûts, la tentation de choisir le devis d’entretien le moins cher est forte. Cependant, cette décision, apparemment logique sur le plan comptable à court terme, se révèle presque toujours être un piège financier et opérationnel à long terme. Un prix anormalement bas n’est jamais le fruit du hasard ; il est le symptôme de compromis graves sur la qualité, la légalité et la sécurité.

Gros plan sur des factures ou des reçus empilés, symbolisant les coûts cachés et surprises budgétaires d'un contrat d'entretien low-cost

Le premier coût caché est celui de la non-conformité. Au Québec, l’industrie de l’entretien d’édifices publics est encadrée par des décrets du Comité paritaire (CPA) qui fixent des salaires minimums et des conditions de travail. Un devis défiant toute concurrence signifie souvent que le prestataire ne respecte pas ces obligations. Comme le rappellent les experts en conformité, cela expose l’entreprise cliente à des poursuites et à un préjudice réputationnel immense en cas de contrôle. Le risque n’est pas seulement financier, il est aussi légal et éthique.

Le deuxième coût est opérationnel. Pour compresser les prix, les prestataires « low-cost » rognent sur la formation du personnel, la qualité des produits et le temps alloué aux tâches. Le résultat est un service médiocre : nettoyage superficiel, utilisation de produits nocifs, manque de fiabilité. Cela mène à une dégradation rapide de vos installations, à l’insatisfaction des usagers et, ironiquement, à la nécessité de faire appel à d’autres entreprises pour corriger le travail mal fait. Le coût total de possession (TCO) explose. Les données de marché sont claires : selon les données tarifaires 2025 au Québec, les services standards se situent dans une fourchette de prix précise. Un devis bien en deçà de 0,15 $ par pied carré devrait immédiatement déclencher une enquête approfondie sur la structure de coûts et la légalité du soumissionnaire.

Choisir un partenaire d’entretien sur la base de sa conformité, de sa réputation et de la valeur qu’il apporte, plutôt que sur son prix plancher, n’est pas une dépense, c’est une stratégie de gestion du risque. L’économie réalisée sur un devis « low-cost » est une illusion qui sera payée au centuple en problèmes futurs.

Comment budgétiser vos coûts d’entretien sans vous tromper (et éviter les mauvaises surprises)

Établir un budget d’entretien précis et réaliste est le fondement d’une gestion stratégique. Cela permet de passer d’une logique de dépenses imprévues à une planification maîtrisée des coûts, offrant une visibilité essentielle aux directeurs financiers. Un budget solide ne se contente pas de multiplier une surface par un taux horaire ; il intègre une analyse complète des besoins, des contraintes saisonnières et des exigences réglementaires.

La première étape est de documenter de manière exhaustive tous les travaux récurrents et leur fréquence. Cela inclut le nettoyage quotidien, mais aussi l’entretien des vitres, le shampoing des tapis, ou la maintenance préventive des systèmes CVAC. Ensuite, il faut valoriser ces tâches en utilisant des benchmarks fiables. Au Québec, il est impératif de consulter les grilles de salaires du Comité paritaire pour s’assurer que les taux horaires proposés par les prestataires sont conformes à la loi. Un budget basé sur des taux inférieurs à ces minimums est irréaliste et dangereux.

Un aspect souvent sous-estimé dans la budgétisation est la saisonnalité, particulièrement marquée au Québec. Les coûts hivernaux doivent faire l’objet d’une provision spécifique. Le déneigement des toitures, des entrées et des stationnements représente une part significative du budget annuel. Par exemple, les coûts pour une toiture commerciale peuvent varier de 500 $ à 5 000 $ par intervention, selon la complexité. Ne pas anticiper ces dépenses est la recette assurée pour un dérapage budgétaire. Enfin, une gestion prudente impose de prévoir une ligne de contingence de 10 à 15 % du budget total. Cette réserve est destinée à couvrir les urgences et les réparations imprévues qui, malgré une bonne planification, peuvent toujours survenir.

Votre plan d’action pour un budget d’entretien maîtrisé

  1. Évaluation des actifs : Listez précisément toutes les surfaces (sols, vitres, bureaux) et les équipements (CVAC, plomberie) à entretenir, en spécifiant leurs matériaux et leur état.
  2. Inventaire des tâches : Documentez tous les travaux d’entretien récurrents (quotidiens, hebdomadaires, mensuels) et périodiques (trimestriels, annuels) avec leur fréquence exacte.
  3. Validation des taux : Comparez les taux horaires de vos devis avec les minimums légaux du Comité paritaire et les benchmarks du marché pour garantir leur réalisme.
  4. Provision saisonnière : Allouez une enveloppe budgétaire dédiée aux surcoûts hivernaux, en vous basant sur les données historiques de votre bâtiment ou sur des estimations pour le déneigement et l’épandage.
  5. Fonds de contingence : Intégrez systématiquement une provision de 10 à 15 % du budget total pour couvrir les interventions d’urgence et les réparations non planifiées.

En suivant cette méthodologie rigoureuse, le budget d’entretien devient un outil de pilotage fiable, protégeant l’organisation contre les mauvaises surprises et alignant les dépenses sur les objectifs stratégiques de maintien de la valeur des actifs.

Comment la technologie peut automatiser et optimiser la gestion de votre entretien

Dans la transition vers un pilotage stratégique, la technologie n’est pas une option, c’est un impératif. Les outils numériques, et en particulier les logiciels de Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur (GMAO), sont les systèmes nerveux qui transforment des opérations manuelles et réactives en un processus automatisé, transparent et piloté par la donnée. Ils permettent de centraliser toutes les informations relatives à l’entretien en un seul endroit.

Écran d'une application de gestion de maintenance assistée par ordinateur montrant des indicateurs et des graphiques de performance d'entretien, avec arrière-plan d'un immeuble québécois

Concrètement, une plateforme de GMAO permet de planifier et d’assigner automatiquement les tâches d’entretien préventif, de suivre en temps réel les demandes d’intervention des usagers, de gérer les inventaires de pièces et de produits, et de générer des rapports de performance détaillés. Pour un gestionnaire, c’est la fin des tableurs Excel complexes et des échanges d’emails désordonnés. C’est l’assurance que chaque tâche est tracée, de sa création à sa clôture, avec des horodatages et des comptes rendus.

Au Québec, le choix d’une solution technologique doit aussi prendre en compte les enjeux de protection des données. Depuis que les nouvelles dispositions de la Loi 25 sont entrées en vigueur, la gestion des renseignements personnels est devenue une priorité. L’utilisation d’une plateforme GMAO hébergée sur un cloud souverain, c’est-à-dire physiquement au Canada et soumise aux lois canadiennes, est une précaution essentielle pour garantir la conformité. Comme le précise l’expert Micrologic, cela assure que « l’ensemble des traitements effectués sur des données sont physiquement réalisés dans les limites du territoire national ».

En adoptant ces technologies, les gestionnaires ne se contentent pas de gagner en efficacité. Ils accumulent un historique de données précieux qui permet d’analyser les tendances, d’anticiper les pannes, d’optimiser les plannings et de justifier les budgets avec des faits tangibles. L’entretien n’est plus une boîte noire, mais un système transparent et optimisable.

À retenir

  • Changement de paradigme : L’entretien n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique dans la valeur de l’actif, le bien-être des employés et l’image de marque.
  • Le coût réel prime : La décision doit être basée sur le Coût Total de Possession (TCO), incluant les risques de non-conformité (CPA, CNESST), et non sur le prix du devis le plus bas.
  • La donnée est reine : Le passage au pilotage stratégique est impossible sans technologie (GMAO) pour planifier, tracer et analyser les opérations.
  • Mesurer pour améliorer : La performance de l’entretien doit être évaluée via des indicateurs clés (KPIs) objectifs, allant de la conformité HSE à la satisfaction des usagers.

Votre service d’entretien est-il performant ? Les 5 indicateurs clés à suivre absolument

Passer à une gestion stratégique signifie mesurer la performance de manière objective. Se fier à une impression générale de « propreté » est insuffisant et subjectif. Pour piloter efficacement votre service d’entretien et justifier les investissements, vous devez vous appuyer sur des Indicateurs Clés de Performance (KPIs). Ces métriques transforment des observations en données mesurables, permettant un suivi rigoureux et une amélioration continue.

Comme le souligne le SAMQ (Syndicat de l’administration et de la maintenance du Québec), « les KPI en HSE permettent de mesurer l’efficacité des actions de prévention ». Voici les 5 indicateurs fondamentaux à intégrer dans votre tableau de bord de gestion :

  1. Le Taux de Conformité Réglementaire et HSE : C’est l’indicateur le plus critique. Il mesure le respect des normes (CNESST, CPA, sécurité incendie). Un KPI simple est le « nombre d’incidents ou de non-conformités relevés par période ». Viser un taux de 100 % n’est pas une option, c’est une obligation légale et morale.
  2. Le Temps Moyen de Résolution (TMR) : Pour les demandes d’intervention correctives (une ampoule grillée, un dégât d’eau), cet indicateur mesure le temps écoulé entre la création du ticket et sa clôture. Un TMR bas est un signe d’efficacité et de réactivité de votre prestataire.
  3. Le Taux de Réalisation de l’Entretien Préventif : Ce KPI mesure le pourcentage de tâches de maintenance préventive (vérification des extincteurs, nettoyage des filtres CVAC) réalisées dans les délais prévus. Un taux élevé (proche de 100 %) indique que vous êtes bien en mode « prévention » et non « réaction ».
  4. Le Score de Satisfaction des Usagers (CSAT) : Via de courtes enquêtes régulières, demandez aux occupants de noter la propreté et la fonctionnalité des espaces. Cet indicateur qualitatif est un excellent baromètre du service réellement perçu sur le terrain.
  5. Le Respect du Budget : Un indicateur financier simple mais essentiel qui compare les dépenses réelles au budget planifié. Un écart maîtrisé (inférieur à 5 %) démontre une bonne planification et un bon contrôle des coûts.

En suivant régulièrement ces KPIs, vous disposez d’une base factuelle pour évaluer vos prestataires, identifier les points faibles et prendre des décisions éclairées. Le dialogue avec votre partenaire d’entretien ne porte plus sur des impressions, mais sur des données concrètes, ce qui professionnalise la relation et pousse à l’excellence.

Pour passer de la théorie à la pratique et transformer votre gestion de l’entretien, l’étape suivante consiste à réaliser un audit complet de vos installations et de vos processus actuels. Évaluez dès maintenant la solution la plus adaptée à vos besoins spécifiques pour bâtir votre plan de pilotage stratégique.

Questions fréquentes sur la gestion stratégique de l’entretien

Qu’est-ce qu’un KPI pertinent pour l’entretien immobilier?

Un KPI est un indicateur mesurable qui reflète la performance. Pour l’entretien au Québec, cela inclut le taux de conformité réglementaire, le taux d’accidents (suivi CNESST), la satisfaction des employés, le taux de clôture des actions correctives, et le respect des délais d’intervention. Ces indicateurs permettent de mesurer l’efficacité des actions et d’identifier les domaines à améliorer.

Comment suivre la conformité CNESST dans l’entretien?

Le suivi se fait en mesurant le nombre d’incidents ou d’accidents du travail liés aux activités d’entretien (chutes, exposition à des produits, etc.), le taux de fréquence des accidents, et le taux de clôture des actions correctives suite à un incident. Ce suivi est essentiel pour protéger à la fois la santé de vos employés et la responsabilité légale de votre entreprise.

Quel est le lien entre entretien et rétention d’employés?

La satisfaction des employés concernant la propreté, la sécurité et la fonctionnalité de leur environnement de travail est directement corrélée à leur engagement et à leur décision de rester dans l’entreprise. Dans un marché du travail compétitif comme celui du Québec, offrir un cadre de travail impeccable est un avantage non négligeable pour attirer et conserver les talents.

Que signifie ‘Contribution au Comité paritaire’ sur mon devis?

Il s’agit d’une contribution obligatoire dans l’industrie de l’entretien d’édifices publics au Québec. Elle finance les activités du Comité paritaire, qui veille au respect des décrets sur les salaires et les conditions de travail. Sa présence sur un devis est un gage de légalité et de conformité du prestataire. Ce n’est pas une taxe, mais un investissement dans la régulation de l’industrie.

Pourquoi l’assurance responsabilité civile augmente le coût?

L’assurance responsabilité civile et la couverture CNESST sont des protections indispensables qui couvrent les dommages matériels ou corporels qui pourraient survenir lors des interventions. Un prestataire sans assurance adéquate vous expose, en tant que client, à un risque financier et légal immense en cas d’accident. Ce coût est donc une garantie de sécurité pour votre entreprise.

Comment valoriser les produits écoresponsables dans mon budget?

Les produits de nettoyage certifiés (comme ÉcoLogo) peuvent représenter un léger surcoût initial (environ 2-5%), mais ils génèrent une valeur significative. Ils améliorent la qualité de l’air intérieur, réduisent l’exposition des usagers à des produits chimiques et deviennent un argument de marketing RSE puissant. C’est un critère de plus en plus valorisé dans les audits de certifications environnementales comme BOMA BEST ou LEED.

Rédigé par Marc-André Gagnon, Marc-André Gagnon est un consultant en gestion d'installations (Facility Management) comptant 20 ans d'expérience dans l'optimisation des environnements de travail pour des entreprises québécoises. Il se spécialise dans l'alignement des services d'entretien avec les objectifs stratégiques des organisations.